lundi 14 mai 2018

Chronique : Debout (Rose McGowan)


Résumé

« Au cours de ma vie, j’ai fui une secte toxique pour mieux tomber dans une autre, la plus puissante de toutes  : Hollywood.» Rose McGowan est une survivante. Repérée dans la rue après des années d’errance puis propulsée au rang de star, elle est rattrapée par le rouleau compresseur d’un système intrinsèquement sexiste et violent. À chaque rôle, chaque apparition publique, chaque couverture de magazine, elle est marketée comme un produit destiné à faire vendre. Devenue le rouage d’une machine qui engrange des milliards de dollars chaque année, elle a le sentiment qu’on lui pirate son identité .Hollywood attendait de Rose qu’elle soit docile. Au lieu de cela, elle s’est rebellée. Et elle a parlé. DEBOUT est une autobiographie qui se lit comme un manifeste. Le récit cru, sincère et poignant d’une activiste déterminée à dévoiler la vérité sur l’industrie de l’entertainment.
Mon avis

Lorsque j’ai reçu ce livre, j’ai tout de suite su que cette lecture allait être difficile. Au cours des derniers mois, avec le mouvement #MeToo, Rose McGowan a été sur le devant de la scène. Elle a notamment participé, courageusement, aux nombreuses accusations concernant Harvey Weinstein.

Cette autobiographie est l’occasion pour elle de retourner aux sources de ses (nombreux) traumatismes. De son enfance en Italie, au sein d’une secte, à ses débuts à Hollywood, en passant par son adolescence vagabonde, rien ne lui a été épargné. Partout où elle va, elle rencontre des hommes qui vont la blesser, l’agresser, la violer (et encore, comme elle le dit elle-même : elle n’a pas donné toutes les « anecdotes »…). Sa famille, plutôt bancale, ne va pas l’aider à se maintenir à flots. Elle s’émancipera de ses parents dès qu’elle le pourra.
Pour certaines de ces situations, elle ne comprend pas tout de suite ce qui lui arrive, et pense qu’il s’agit d’expériences sexuelles classiques. Pour d’autres, elle vit ce qui est défini comme la sidération et la dissociation, c’est-à-dire qu’elle se détache de son corps en espérant que cela se termine le plus vite possible.

Tout cela, elle l’a compris avec les années, les échanges, le féminisme. C’est tout ce parcours qui est relaté, ainsi que sa relation avec l’art (la photographie, le chant, sans oublier le cinéma et son passage dans Charmed bien sûr).

Elle n’hésite pas à donner des noms (sauf « Le Monstre », qu’elle ne souhaite pas voir apparaître dans son livre), et parle de ses relations avec Marilyn Manson et Robert Rodriguez (que l’on a particulièrement envie de gifler tout au long du récit). Quentin Tarantino n’est pas épargné non plus. Que cela fait du bien à lire !

Il est temps que ces hommes paient pour ce qu’ils ont fait. Malheureusement, malgré les déclarations, les accusations, il semble que peu de choses aient bougé depuis...

Parfois, le ton de l’autrice (ou la traduction ?) peuvent sembler un peu abruptes. On peut avoir l’impression qu’elle veut prêcher la bonne parole, elle qui a tout compris. Ses conseils, donnés aux femmes comme aux hommes, peuvent aussi ressembler à des injonctions.

Malgré ces petits défauts, j’ai apprécié cette lecture. Non parce que j’ai besoin d’être confortée dans mes opinions, mais parce que je suis contente que cette parole ait trouvé une place. Bien sûr, il est plus facile pour une femme blanche, célèbre et correspondant aux canons de beauté de faire entendre sa voix. Malgré tout, il est important que toutes les voix soient entendues. Bravo Rose !

lundi 19 mars 2018

Chronique : 7e étage (Åsa Grennvall)


Résumé

Quand elle arrive dans sa nouvelle école d’art, la jeune Åsa sent qu’elle va enfin prendre confiance en elle. Au cours d’une soirée, le beau Nils vient la séduire et elle en tombe aussitôt amoureuse. Nils devient son chevalier protecteur ; avec lui, Åsa n’a plus peur de se projeter dans l’avenir. Parfois, il a pourtant des réactions étranges : il se fâche si Åsa ferme les yeux quand il l’embrasse, et s’emporte dès qu’elle cesse de prêter attention à lui. Peu à peu, l’idylle se transforme insidieusement en cauchemar, sans qu’Åsa ne comprenne vraiment ce qui se passe. Elle aime tellement Nils qu’elle ferait tout pour qu’il soit heureux avec elle… Elle essaie donc de changer pour devenir celle qu’il voudrait qu’elle soit, mais les choses ne font qu’empirer. Nils l’insulte et l’humilie. Et plus Åsa se soumet, plus Nils devient violent, jusqu’à l’agresser physiquement. Un jour, il va trop loin et Åsa trouve enfin le courage de le quitter. Commence alors une nouvelle épreuve pour se reconstruire…

Mon avis

Lors d'une visite à la médiathèque de ma ville, j'ai été attirée par cette couverture sobre et graphique. En quatrième de couverture, la description est sommaire (contrairement au résumé que je vous ai donné ci-dessus), mais on comprend très vite que cette BD va aborder le sujet des violences conjugales.

Un soir, une fois ma fille couchée, je décide de commencer ma lecture. Résultat, je n'ai pas pu arrêter avant d'avoir terminé !

Le dessin est plutôt simple, sans chichis et en noir et blanc. Mais il en ressort énormément d'émotions. La dessinatrice sait déformer ses personnages pour leur insuffler tous les sentiments : colère, peur, désespoir...

C'est clairement une lecture difficile. On voit Åsa débuter cette relation, pleine d'espoir, puis sombrer au fur et à mesure de cette relation toxique. C'est insidieux, de petits changements de comportements en promesses jamais tenues, en passant par l'espoir de lendemains meilleurs.

On y retrouve les "grands classiques" des violences conjugales : se couper de ses amis, de sa famille ; réfléchir avant de parler (voire de respirer) pour ne pas provoquer la colère ; changer de look pour faire plaisir ; penser que ça ira mieux une fois qu'on aura fait ci ou ça...

C'est avec le cœur serré et beaucoup d'angoisse que j'ai lu, page après page, l'histoire d'Åsa. Ce que je peux vous dire, car j'ai aussi envie de vous donner envie (!), c'est que l'histoire se termine (relativement) bien.

Une BD à mettre en toutes les mains, mais pas sans avertissement !

mercredi 28 février 2018

Chronique : Les années (Annie Ernaux)




Résumé

La photo en noir et blanc d'une petite fille en maillot de bain foncé, sur une plage de galets. En fond, des falaises. Elle est assise sur un rocher plat, ses jambes robustes étendues bien droites devant elle, les bras en appui sur le rocher, les yeux fermés, la tête légèrement penchée, souriant. Une épaisse natte brune ramenée par-devant, l'autre laissée dans le dos.

Tout révèle le désir de poser comme les stars dans Cinémonde ou la publicité d'Ambre solaire, d'échapper à son corps humiliant et sans importance de petite fille. Les cuisses plus claires, ainsi que le haut des bras, dessinent la forme d'une robe et indiquent le caractère exceptionnel, pour cette enfant, d'un séjour ou d'une sortie à la mer. La plage est déserte. Au dos : août 1949, Sotte ville-sur-Mer".


Au travers de photos et de souvenirs laissés par les événements, les mots et les choses, Annie Ernaux donne à ressentir le passage des années, de l'après-guerre à aujourd'hui. En même temps, elle inscrit l'existence dans une forme nouvelle d'autobiographie, impersonnelle et collective.

Mon avis

Un Annie Ernaux de plus ! Et non des moindres. Lorsqu'on conseille cette autrice, les titres que je vois revenir le plus sont L'événement  et Les années

Comme souvent, le démarrage a été un peu difficile. Il faut dire que l'écriture d'Annie Ernaux est dense, pas forcément structurée de manière classique, et que les phrases sont longues. Une fois qu'on a pris l'habitude, cela devient plus facile de la lire à nouveau.

Dans cette autobiographie d'un genre particulier, l'autrice retrace sa vie, des années 40 aux années 2000. Un énorme travail sur sa mémoire, pour faire ressortir les événements marquants, les personnes, les lieux. 

A l'aide de photos, également, elle trace le portrait d'une enfant, d'une adolescente, d'une jeune femme puis d'une femme, jusqu'à la retraite. Ce moment marque enfin le temps de l'écriture, de ce projet enfoui en elle depuis des années, mais qu'elle n'avait pas eu le loisir de mettre sur papier.

Evidemment, les années à partir de 1990 ont été plus parlantes pour moi. Le nom des guerres, des personnalités politiques, des stars, me sont familiers. Pourtant, on se plonge facilement dans les périodes précédentes, avec l'impression de vivre aux côtés de l'autrice. 

Certains points nous rappellent avec délectation d'autres romans (Annecy et La femme gelée, l'absence des règles et L’événement, l'amour et Passion simple...).

Par-dessus tout, on ressent le passage du temps, l'évolution du statut social, le besoin de liberté, l'éloignement d'avec la famille. Cette dernière reste présente malgré tout, même si les générations changent, avec les repas dominicaux comme un fil rouge.

Si je n'ai pas eu le coup de cœur attendu (peut-être trop d'attentes au vu des avis ?), j'ai de plus en plus apprécié cette lecture au fil des pages, et aimé plonger dans la vie si riche d'Annie Ernaux. 

vendredi 23 février 2018

Chronique : Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une (Raphaëlle Giordano)


Résumé

- Vous souffrez probablement d'une forme de routinite aiguë.
- Une quoi ?
- Une routinite aiguë. C'est une affection de l'âme qui touche de plus en plus de gens dans le monde, surtout en Occident. Les symptômes sont presque toujours les mêmes : baisse de motivation, morosité chronique, perte de repères et de sens, difficulté à être heureux malgré une opulence de biens matériels, désenchantement, lassitude...
- Mais... Comment vous savez tout ça ?
- Je suis routinologue.
- Routino-quoi ?

Camille, trente-huit ans et quart, a tout, semble-t-il, pour être heureuse. Alors pourquoi a-t-elle l'impression que le bonheur lui a glissé entre les doigts ? Tout ce qu'elle veut, c'est retrouver le chemin de la joie et de l'épanouissement. Quand Claude, routinologue, lui propose un accompagnement original pour l'y aider, elle n'hésite pas longtemps : elle fonce. À travers des expériences étonnantes, créatives et riches de sens, elle va, pas à pas, transformer sa vie et repartir à la conquête de ses rêves...
Mon avis
Après plusieurs lectures de non-fiction, j'avais besoin d'un roman "facile", qui se lit vite et qui ne demande pas beaucoup de réflexion. De de côté-là, j'ai été comblée ! Les 224 pages ont été englouties assez rapidement, à la faveur de quelques trajets en transports en commun.
Pour le reste, même si je n'avais pas d'attentes folles, j'ai vraiment trouvé l'histoire "simplette". Camille, mariée, un enfant, un travail pas foufou. Un jour plus frustrant qu'un autre, alors qu'elle roule sous la pluie et crève un pneu, elle atterrit (le hasard fait bien les choses) chez Claude. Celui-ci se présente comme "routinologue" et lui propose de l'aider à donner un nouveau tournant à sa vie.
Après quelques jours d'hésitation, elle fait appel à ses services. De là, il va lui donner des consignes, des conseils, pour être plus heureuse et renouer avec sa "vie rêvée".
Tout va très vite, les rencontres et les défis s'enchaînent. Clairement, le réalisme n'est pas le point fort du roman. D'ailleurs, on pourrait plutôt parler de livre de développement personnel romancé. L'histoire de Camille est là pour nous montrer les possibilités, et pourquoi pas nous aider aussi à changer de cap ?
Personnellement, je connaissais déjà plusieurs techniques, comme le carnet de gratitude, la méditation, ou encore le fait de toujours chercher le positif dans les choses de la vie. Mis bout à bout, on a l'impression que tout cela est très simple et que Camille effectue un virage à 180 degrés avec (presque trop de) facilité.
Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer également que le bonheur de la famille toute entière reposait sur ses épaules : à partir du moment où elle change son comportement, son mari ainsi que son fils changent aussi. Monsieur n'aurait-il pas pu avoir ce déclic, lui aussi ? Ou le bonheur conjugal dépend-il uniquement du bon vouloir de Madame ? 
Sans parler du bonheur qu'elle ressent après s'être fait siffler/accoster plusieurs fois dans la rue : merci, mais non merci.
Enfin, son changement de vie professionnelle atteint les sommets d'irréalisme avec (spoiler) une création d'entreprise en plein cœur de Paris, dans un secteur de niche. Mais tout roule ! 
Les dernières pages, en voulant amener une révélation sur Claude, ne font qu'ajouter à la pile des choses improbables dans ce roman.
Evidemment, on ne peut pas demander un parfait réalisme à toute histoire. Mais ici, je suis complètement passée à côté du propos. 

mardi 5 septembre 2017

Chronique : Pas plus de 4 heures de sommeil (Marlène Schiappa)


Résumé

Émilie et Morgane étaient autrefois les deux meilleures amies du monde. La vie et de mystérieuses raisons les ont séparées. L’année de leurs 30 ans, elles se retrouvent sur Facebook. Émilie s’y présente comme une « maman à plein temps » vivant à la campagne, famille Ricorée avec chant des petits oiseaux et bonne humeur constante. Morgane se raconte comme une working-girl parisienne, avec splendide ascension professionnelle et fréquentation des grands de ce monde. Mais la réalité est un peu moins rose… Émilie rêve secrètement d’échapper aux travaux inachevés de sa maison, à son mari démissionnaire et à ses enfants trop bruyants. Morgane, elle, collectionne les névroses, veut à la fois un bébé et le pouvoir dans un monde professionnel, certes branché, mais toujours sexiste, où maternité ne rime pas souvent avec promotion. Alors elles vont faire un pacte. Émilie aidera Morgane à concilier ses deux ambitions, et Morgane fera d’Émilie une parfaite workingmum.

Mon avis

Il faut savoir que ce livre s'est retrouvé dans ma Pile à Lire bien avant que Marlène Schiappa ne fasse partie du gouvernement actuel. Avant, aussi, que je n'apprenne qu'elle avait écrit un ouvrage grossophobe (voir un avis ici).

Le titre m'a tout de suite attirée, sans parler de la couverture ! Et je n'ai pas été déçue. J'ai dévoré les 300 pages de ce roman en un week-end, chose qui ne m'était plus arrivée depuis la naissance de ma fille ! 

On s'attache très vite aux deux héroïnes principales, Émilie et Morgane. Si leurs profils semblent caricaturaux au premier abord (mère au foyer éloignée de tout VS jeune cadre dynamique), il y a finalement beaucoup de subtilités dans leur écriture. Des contradictions, comme nous sommes nombreuses à en connaître : j'ai envie de m'occuper de mes enfants MAIS j'ai envie de travailler MAIS mon patron ne m'offrira pas de promotion si je tombe enceinte MAIS MAIS MAIS.

On ne se retrouve pas dans toutes les situations (parfois plus que rocambolesques) mais le principal est là. On retrouve même une réflexion sur le féminisme et la maternité. Suis-je féministe si je choisis d'être mère au foyer ? Ou si je préfère laisser mon enfant en garderie ? Spoiler : ce genre de choix ne définit absolument pas le féminisme ou non d'une personne. L'important est de faire en fonction de nos préférences, de nos possibilités, et de ne pas s'oublier dans l'histoire !

L'autrice réunit dans cette histoire différents concepts dont on a beaucoup entendu parler ces derniers temps , notamment la charge mentale et les injonctions contradictoires : comment Émilie peut-elle passer un entretien d'embauche si elle n'a pas de moyen de garde, et avoir un moyen de garde si elle n'a pas d'emploi ? Le serpent qui se mord la queue.

Enfin, j'ai apprécié cette lecture pour les nombreux fous rires qu'elle m'a apportés. Et ça, ça fait du bien !

vendredi 25 août 2017

Chronique : La femme gelée (Annie Ernaux)


Résumé

Elle a trente ans, elle est professeur, mariée à un "cadre", mère de deux enfants. Elle habite un appartement agréable. Pourtant, c'est une femme gelée. C'est-à-dire que, comme des milliers d'autres femmes, elle a senti l'élan, la curiosité, toute une force heureuse présente en elle se figer au fil des jours entre les courses, le dîner à préparer, le bain des enfants, son travail d'enseignante. Tout ce que l'on dit être la condition "normale" d'une femme. 

Mon avis

Ce n'est pas mon premier Annie Ernaux. Mais c'est un de ceux dont j'entends le plus souvent parler. Toujours par des féministes, pour qui cette lecture a pu être "le déclic", celui qui nous fait basculer du côté obscur de la force. Je comprends maintenant pourquoi.

Nous suivons ici la vie de la narratrice, depuis son enfance dans la région de Rouen, jusqu'à la trentaine, à Annecy. Ses parents ne forment pas un couple classique pour l'époque. Maman tient l'épicerie familiale pendant que Papa vient la chercher à l'école et fait la popote. Un schéma inhabituel, qui lui vaudra de plus en plus de moqueries. Pourtant, pour elle, c'est la normalité. Elle est ce qu'on appelle à tort "un garçon manqué".

En grandissant, elle veut à tout prix faire de longues études, avoir un métier, et ne pas devenir comme toutes ces filles qu'on voit se marier, faire des enfants, et disparaître de la circulation. Elle, elle ne tombera pas dans le piège. En plus, elle ne sait même pas cuisiner, tout juste réaliser une mousse au chocolat !

Pourtant, elle finit par rencontrer "le bon", et après plusieurs mois de fréquentations, eh bien, ce qui devait arriver arriva. Le mariage, le premier enfant, et tout doucement la chute vers tout ce qu'elle détestait, méprisait. Réviser le CAPES entre deux couches, préparer le repas pour Monsieur qui rentre midi et soir et qui, lui, "travaille".

Une phrase m'a particulièrement marquée. La narratrice parle de sa vie en ces termes :  « Toute mon histoire de femme est celle d’un escalier qu’on descend en renâclant ».

J'ai mis un mois à lire ce roman, pourtant court. Le style Ernaux, cette fois-ci, m'a gênée dans ma lecture. Phrases longues, syntaxe absente, métaphores pas toujours compréhensibles du premier coup. Pourtant, l'histoire de cette femme, et des femmes en général, a fini par me happer. Sûrement parce que j'y trouve un écho personnel, difficile à évite.

Je vais avoir besoin d'une lecture un peu plus légère dans les jours à venir !

Sur la pointe des pieds...

... je reviens ici.

Ces derniers temps, il a été difficile pour moi de lire autant qu'avant. C'est frustrant. Mais il faut reconnaître que j'ai un boulot prenant, que j'ai arrêté de prendre les transports en commun (meilleurs amis des lecteurs !) et que j'ai une enfant de 17 mois. Donc, pas toujours le temps de bouquiner tranquillement et encore moins d'écrire mes avis ici.

Pourtant, l'envie de revenir ici est enfin là. Je n'y croyais plus !

Je vais donc essayer de redonner un peu de vie à cet endroit, mais je ne promets rien.

A bientôt !

mercredi 9 novembre 2016

Chronique : Derniers instants (Steve Mosby)


Résumé

Brisé par le suicide de sa femme, Alex Connor a tout quitté : son métier, ses amis, son pays. Lorsqu’il apprend que Sarah, sa meilleure amie, a été assassinée, il revient pour la première fois dans la ville où il a longtemps vécu. La police ne tarde pas à mettre la main sur le coupable. Mais en dépit des indications données par celui-ci, le corps de Sarah reste introuvable.
Pendant ce temps-là, à l’autre bout du pays, Paul Kearney est sur les traces d’un tueur en série. Une femme vient d’être enlevée, il sait qu’il n’a qu’une semaine pour la retrouver.
Alex et Paul sont l’un comme l’autre encore loin de s’imaginer vers quelle monstrueuse réalité ils s’acheminent...
Mon avis

En 2014, j'avais eu un énorme coup de cœur pour Steve Mosby (évidemment, j'ai toujours envie d'écrire TED Mosby, c'est un peu énervant) et son thriller Un sur deux. Cette année, j'ai décidé de lire Derniers instants, et évidemment j'en attendais beaucoup - c'est un peu le souci.

On retrouve sans surprise l'attrait de l'auteur pour le gore, voire le très gore. Ici, rien ne nous sera épargné, que ce soit dans les descriptions des scènes de crime ou de torture. Cerise sur le gâteau, et parce qu'on sait bien que c'est finalement l'inconnu qui fait le plus peur, Steve Mosby réussit à glacer le sang grâce à un personnage énigmatique, que l'on devine grâce à quelques indices mais qui n'est jamais vraiment décrit. Effrayant !

Cependant, la mayonnaise a eu du mal à prendre pour moi. J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire car l'auteur enchaîne les chapitres, les points de vue et les situations. On sent bien qu'il essaie de tisser une grande toile pour son histoire, mais même en étant presque à la fin de ma lecture, il m'arrivait encore de confondre des personnages ! 

De plus, il faut bien avouer que l'histoire est très masculine : les personnages principaux sont tous des hommes, les femmes étant reléguées à des rôles de victimes. J'aimerais vous en dire plus sur ce point mais je ne souhaite pas vous spoiler davantage.

Bref, même si l'auteur tente un ultime twist dans les dernières pages (si je voulais être mauvaise langue jusqu'au bout, je dirais même que j'ai vu ce twist venir à des kilomètres...), je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir de la déception en refermant ce livre. Dommage.

jeudi 20 octobre 2016

Chronique : Les lois naturelles de l'enfant (Céline Alvarez)


Résumé

L'enfant naît câblé pour apprendre et pour aimer. Chaque jour, les neurosciences nous révèlent son incroyable potentiel, sa capacité à se nourrir du monde pour former son intelligence. Pourtant, par manque d'information, nous imposons à l'enfant un système éducatif inadapté aux leviers naturels de son jeune cerveau, qui l'empêche d'apprendre qui freine l'apprentissage et n'encourage pas sa bienveillance innée. Plus de 40% d'entre eux sortent du primaire avec des lacunes qui les empêcheront de poursuivre une scolarité normale. e livre fondateur révèle une autre façon de voir l'enfant et de concevoir son éducation à la maison et à l'école. Céline Alvarez explique de manière limpide les grands principes scientifiques qui sous-tendent l'apprentissage et l'épanouissement. Elle partage son expérience, les activités qui peuvent aider les enfants à développer leur potentiel, ainsi que la posture appropriée de l'adulte. 

Mon avis

Avant-propos : j'ai conscience que cet essai (et son autrice) soulève de grands débats dans la communauté des enseignants et / ou des parents. Personnellement, je n'entre que dans l'une de ces catégories et je ne souhaite absolument pas juger du travail des enseignants (comme on dit, j'en ai même plein dans mes amis :D). Bref, je donnerai mon avis en tant que parent.

Avant même d'être enceinte et de devenir mère, je m'intéressais de très près aux pédagogies dites "alternatives" (Montessori, Freinet & co). En gros, des pédagogies qu'on ne retrouve pas forcément (ou peu) dans les écoles publiques. Celles-ci m'ont toujours semblé plus respectueuses du rythme de l'enfant et de sa manière d'apprendre. Cet intérêt s'est donc fortement accentué durant ma grossesse et ça continue aujourd'hui !

Céline Alvarez présente une bibliographie très fournie et de nombreuses études afin d'appuyer son propos. Même si nous n'avons pas touTEs le courage et / ou le temps de les lire en profondeur, ce qu'elle en extrait est assez édifiant pour nous convaincre. M'intéressant déjà au sujet depuis quelque temps, je connaissais quelques références et auteurs (notamment Catherine Gueguen, incontournable !), mais un rappel ne fait jamais de mal et j'ai tout de même appris beaucoup de choses sur le cerveau des bambins.

J'ai beaucoup aimé la description du matériel utilisé en classe, mais aussi et surtout celle de la posture de l'adulte (l'enseignante ainsi que son assistante). En effet, ainsi qu'elle le répète : le matériel, aussi beau et onéreux soit-il, est totalement inutile et inefficace sans la présence bienveillante de l'adulte. On peut donc s'inspirer de tout cela, que ce soit à la maison ou à l'école... Le but n'est pas de reproduire à 100% la démarche de l'autrice, mais de se l'approprier et de l'adapter à ses moyens.

Même si j'ai adoré cette lecture, il y a de petites choses qui m'ont gênée, notamment le ton de l'autrice (parfois très niais). Ceci dit, c'est vraiment un défaut mineur.

On ne peut que souhaiter (en tout cas, je le souhaite !) que ce type de démarches continue à se répandre. Sur son site Internet, Céline Alvarez propose aux enseignants de s'inscrire sur une carte afin de créer un réseau : qu'on soit simplement intéressé ou déjà dans la démarche, on est le bienvenu.

Je peux me tromper, mais en tout cas je n'ai pas l'impression que Céline Alvarez se positionne en "gourou" de l'éducation. Je pense que son intérêt premier est celui de permettre aux enfants, qu'ils soient scolarisés dans le public ou non, d'apprendre dans les meilleures conditions. 

J'espère donc que son message, et celui de milliers d'enseignants et de parents, sera entendu et que les choses bougeront petit à petit, car il est évident que les écoles privées (et onéreuses) ne sont pas à la portée de touTEs.

mercredi 19 octobre 2016

It's alive !

Eh oui, comme je l'avais prédit au mois de mars, ce blog a lâchement été laissé à l'abandon ! 

Enfin, lâchement n'est pas le mot adéquat, puisque j'ai tout simplement donné naissance à une petite souris au mois de mars. Entre deux tétées et couches, difficile de lire et encore plus de venir en parler ici.

Enfin, tout cela est du passé je l'espère, car j'ai repris le travail et avec lui les trajets quotidiens en RER : à moi la lecture !

Je peux même vous dire qu'une chronique est en préparation... et elle parlera justement d'éducation !

A bientôt :)


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samedi 5 mars 2016

Chronique : L'événement (Annie Ernaux)


Résumé

«Depuis des années, je tourne autour de cet événement de ma vie. Lire dans un roman le récit d'un avortement me plonge dans un saisissement sans images ni pensées, comme si les mots se changeaient instantanément en sensation violente. De la même façon entendre par hasard La javanaiseJ'ai la mémoire qui flanche, n'importe quelle chanson qui m'a accompagnée durant cette période, me bouleverse.»
Mon avis


Annie Ernaux fait partie de ces auteures qu'on m'a conseillées mille fois, et dont le nom revient très souvent à mes oreilles - notamment dans les milieux féministes. Ayant enfin décidé de me lancer, j'ai jeté mon dévolu sur L'événement, et ce n'était pas un hasard puisque j'en ai toujours entendu beaucoup de bien et que le thème me parlait : l'avortement.

Plus précisément, l'avortement avant qu'il ne devienne légal. L'auteure, plus de trente ans après les faits, couche enfin sur papier ce qui lui est arrivé et qui la hante depuis. On a donc affaire à un récit autobiographique, court et percutant, que personnellement j'ai lu en une journée sans pouvoir lever les yeux !

Étudiante, elle se retrouve complètement démunie face à cette grossesse non désirée : le géniteur habite loin et semble peu se préoccuper de l'affaire, impossible d'en parler à ses parents, et elle risque la prison pour pouvoir avorter. 

C'est alors un parcours de la combattante qui se présente, terriblement long, fait de bouche à oreille et d'adresses illégales qu'on se refile sous le manteau. On vit cette lenteur avec elle, page après page, on suffoque presque - même en sachant par avance qu'elle parvient à ses fins !

Ce témoignage est précieux, comme tous ceux des personnes de cette époque. Il permet de réaliser à quel point l'avortement est un droit fragile, pour lequel il a fallu (et il faut encore) se battre. Pour échapper aux sondes, à l'eau de Javel et aux aiguilles à tricoter. Pour avoir le choix de sa (non-)fécondité et ne plus en mourir.

Un récit à mettre entre tous les mains, pour continuer la bataille.

vendredi 4 mars 2016

Bilan : Février 2016.

Encore une fois, un petit mois avec seulement deux lectures. Moi qui pensais que mon congé maternité m'aiderait à lire plus, c'est raté ! 

Il faut dire aussi que ces deux romans ont un point commun : une première moitié plutôt longue et peu encourageante, puis une seconde moitié lue à toute vitesse et de laquelle on a du mal à décrocher !

Mon souhait pour le mois de Mars serait donc d'avoir un peu plus de livres composés de ces "secondes moitiés", pour être scotchée du début à la fin et non pas seulement une partie de ma lecture... Je pense qu'on rêve touTEs de la même chose, non ? ;)

Sachez aussi que mon accouchement est prévu pour ce mois-ci, ce qui risque fortement de bouleverser mon planning de lectrice...

En attendant, vous pouvez retrouver mes chroniques de Février ici :



Bon mois de Mars à vous !

jeudi 3 mars 2016

Partenariat : Eileen (Ottessa Moshfegh)


Résumé

Une vieille femme se souvient avec un cynisme minutieux de la semaine qui a fait basculer sa vie cinquante ans plus tôt. En 1964, alors âgée de vingt-quatre ans, elle vit avec son père alcoolique dans une maison délabrée, près de Boston, et travaille comme agent d'accueil dans une prison pour délinquants mineurs. Elle subit cette existence sinistre avec un mélange d'impuissance, de colère et de haine - contre elle-même surtout. L'arrivée d'une fascinante jeune femme fraîche émoulue de Harvard et chargée de mission après des détenues joue un rôle de détonateur. Dès lors, tous les mécanismes s'emballent...

Mon avis

Eh oui, le mois de février aura été celui des partenariats ! Mais comment ne pas craquer devant cette si jolie couverture, et la vie bouleversée d'Eileen ? Je remercie donc les éditions Fayard pour l'envoi de cet ebook (eh oui, je suis toujours fidèle à ma petite Kobo).

Afin de nous laisser vivre au plus près ces changements, l'auteure a choisi de faire correspondre chaque chapitre à un jour de la semaine. Cette fameuse semaine durant laquelle Eileen va voir sa vie exploser en morceaux - pour le meilleur et pour le pire.

En effet, avant l'arrivée de Rebecca (la fascinante jeune femme), la vie d'Eileen se résume à s'occuper de son père - qui le lui rend bien mal -, à travailler au centre de détention pour mineurs, et à rêver du jour où elle aura enfin le courage de partir pour New York démarrer une nouvelle existence. À 24 ans, elle déteste son corps, sa personnalité, et mène une vie plutôt étrange voire malsaine par moments. Cette partie-là du roman fut la plus longue et la plus répétitive, car elle met en exergue la monotonie des jours. On n'a alors qu'une envie : que Rebecca arrive enfin pour y mettre un peu d'animation !

Par sa prestance et sa personnalité, cette dernière va littéralement éblouir Eileen et l'attirer inexplicablement vers elle. Tant et si bien qu'on en vient à se demander si Eileen ne tombe pas amoureuse ! À moins qu'elle ne soit tout simplement heureuse qu'on s'intéresse enfin à elle, de trouver une amie en ce bas monde. C'est au lecteur de juger...

Rebecca invite Eileen à passer le réveillon de Noël chez elle, et c'est là que tout va définitivement basculer. Impossible pour moi de vous révéler le retournement de situation du roman, bien évidemment ! En tout cas, sachez que celui-ci m'a tout à fait surprise, et m'a permis de voir Rebecca sous un jour totalement différent...

En définitive, ce roman pose la question suivante : jusqu'où est-on prêt à aller pour une personne qui nous montre de l'attention ? Pour être aiméE ? 

mercredi 17 février 2016

Partenariat : Te laisser partir (Clare Mackintosh)


Résumé

Une mère accablée par la mort de son enfant. Un capitaine de police déterminé à lui faire justice, jonglant entre tensions familiales et obligations professionnelles. Une femme fuyant son passé, résolue à construire une nouvelle vie...

Mon avis

Suite à une opération spéciale "Masse Critique" chez Babelio, j'ai eu la joie de recevoir Te laisser partir avant sa sortie en librairie. C'était la première fois que j'avais entre les mains des épreuves non corrigées et ce fut une expérience très excitante (bien que cela fasse parfois frémir de tomber sur des coquilles, on est tellement habitué à ne pas les voir !).

Avant de vous en parler plus en détails, j'aimerais prévenir mes lecteurs : ce roman aborde de nombreux sujets sensibles, et il m'a parfois été difficile de continuer ma lecture tant l'auteure n'y va pas avec le dos de la cuillère. Voici donc, pêle-mêle, les sujets à risque : deuil d'un enfant, viol, violences conjugales, relation abusive.

Dans la première partie de son roman, Clare Mackintosh nous présente différents personnages en alternant les chapitres et les points de vue. Après le récit de l'accident ayant causé la mort d'un enfant (Jacob), nous suivons à la fois l'équipe de police chargée de l'enquête (Ray et Kate, principalement) et Jenna, qui fuit pour reconstruire sa vie après ce drame. Jenna part au Pays de Galles, pour vivre au bord de la mer, et rencontre un nouvel homme là-bas... inutile de vous préciser que ce début d'histoire m'a largement rappelé Les gens heureux lisent et boivent du café ! Ce qui n'était pas forcément bon signe... Pour preuve, j'ai mis plus de 15 jours à atteindre la moitié du roman.

Heureusement, à ce moment-là, une énorme surprise nous tombe sur le coin de la figure - en tout cas, ce fut le cas pour moi ! Je n'avais rien vu venir, et j'ai dévoré la suite en une après-midi, sans pouvoir m'arrêter. Evidemment, je ne vous divulguerai pas plus les ressorts de l'intrigue, mais quel plaisir de tourner les pages à toute vitesse, en voulant absolument connaître la suite...

J'ai particulièrement aimé le réalisme de ce roman, tant du côté de l'enquête policière (qui piétine très sévèrement, ce qui nous change des résolutions en trois pages) que des relations entre les personnages : Ray et sa femme, Jenna et Patrick... L'auteure arrive également à créer une ambiance très malsaine lorsque les chapitres sont consacrés au conjoint abusif, puisqu'elle a fait le choix de les écrire à la première personne et de nous dévoiler toutes les pensées du personnage. Véritablement glaçant, alors faites attention à vous !

Néanmoins, j'ai été quelque peu déçue par la fin, car vous le savez bien : j'aime que les choses soient claires ! Ici, j'ai l'impression que l'auteure a voulu jouer avec nos nerfs jusqu'à la dernière lettre, et c'est terriblement frustrant !

Je suis ravie de la découverte de cette auteure, qui après une carrière dans la police signe ici son premier roman. Je la suivrai de près dans ses prochaines aventures !

lundi 8 février 2016

Bilan : Janvier 2016.

Le premier mois de l'année est déjà (largement) terminé, il est donc temps pour moi de faire un petit bilan. Petit, eh oui, car il n'y aura "que" deux lectures à mon compteur pour cette fois. 

Comme je l'ai dit précédemment, je vais essayer de ne plus me mettre la pression sur les chiffres, même s'il est difficile de changer ses habitudes et de ne pas culpabiliser devant les blogueuses qui affichent des scores incroyables ! Quels sont vos secrets ?? ;)

 

Bien que très différentes, ces deux lectures m'ont chacune plu dans leur style et c'est bien ce dont j'avais besoin en ce début d'année ! Vous pouvez cliquer sur les photos pour accéder à mes chroniques :)

Pour vous faire un peu patienter jusqu'à la prochaine parution, voici ma lecture en cours, merci à Babelio !




dimanche 31 janvier 2016

Chronique : La 5ème vague (Rick Yancey)


Résumé
1re Vague : extinction des feux. 
2e Vague : déferlante.
3e Vague : pandémie.
4e Vague : silence.

A l'aube de la 5e Vague, sur une autoroute désertée, Cassie tente de Leur échapper... Eux, ces êtres qui ressemblent trait pour trait aux humains et qui écument la campagne, exécutant quiconque a le malheur de croiser Leur chemin. Eux, qui ont balayé les dernières poches de résistance et dispersé les quelques rescapés.
Pour Cassie, rester en vie signifie rester seule. Elle se raccroche à cette règle jusqu'à ce qu'elle rencontre Evan Walker. Mystérieux et envoûtant, ce garçon pourrait bien être son ultime espoir de sauver son petit frère. Du moins si Evan est bien celui qu'il prétend...

Mon avis

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu de young adult, plus exactement Novembre 2014 (je vous avais prévenus) avec Les âmes vagabondes. Ceci dit, avec la sortie cinéma de La 5ème vague, j'ai eu envie de donner sa chance à cette nouvelle héroïne : Cassie.

Pour commencer à parler du positif, j'ai justement adoré le réalisme de Cassie et de sa situation (si on peut parler de réalisme dans une dystopie, mais vous m'avez comprise !). Seule au monde ou presque, Cassie écrit ses peurs dans son journal intime, dort avec l'ours en peluche de son petit frère et prévoit des stocks de tampons malgré l'apocalypse : résultat, on croit totalement à son personnage et à ce qu'elle vit.

Grâce aux différents flashbacks, elle nous explique sa vie d'avant : famille, lycée, meilleure copine, mais aussi le garçon sur lequel elle craque... Et, du jour au lendemain (en tout cas aux yeux des humains), la catastrophe. Les Autres. Ceux qui semblent déterminés à exterminer les habitants de la Terre, déchaînant à la suite plusieurs vagues de maux : coupure de toutes les énergies, tsunamis, maladie fulgurante... Autant dire qu'au moment où nous rencontrons Cassie, il ne reste plus grand-monde sur la planète bleue.

Mue par sa mission (retrouver son petit frère), Cassie évolue dans ce monde effrayant en essayant de rester isolée pour sauver sa peau. C'est là un aspect très intéressant de l'histoire, à savoir le déchirement que ressentent les survivants : ils ne peuvent plus faire confiance à personne, et pourtant ils en ont besoin - notre instinct grégaire nous joue des tours. C'était sans compter sa rencontre avec Evan ! Et ce qui devait arriver arriva : la belle grande histoire d'amour, malheureusement inévitable dans le young adult. Je dis bien "malheureusement", car j'ai l'impression que ces histoires se ressemblent toujours (le fameux triangle amoureux, dont on voit les débuts dans ce 1er tome) et qu'elles n'apportent pas beaucoup à l'histoire. Celle-ci était déjà très intéressante sans qu'on vienne y ajouter la romance. Mais c'est un avis personnel.

J'ai également apprécié l'alternance des chapitres et des points de vue : on retrouve tour à tour Cassie, mais aussi son petit frère ou d'autres personnages (allez, je vous laisse un peu de suspense). Cela nous permet de découvrir plusieurs facettes de ce nouveau monde, plutôt que de nous cantonner à la seule vision de l'héroïne. 

En conclusion, et malgré le fait que je n'accroche pas à l'aspect romantique de La 5ème vague, je compte tout de même lire le deuxième tome afin d'en savoir un peu plus sur les aventures de notre chère Cassie ! Et, pourquoi pas, regarder l'adaptation ciné ?

jeudi 14 janvier 2016

Chronique : L'attentat (Yasmina Khadra)


Résumé
Dans un restaurant de Tel-Aviv, une jeune femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. À l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds : il s'agit de sa propre femme.

Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel ? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien..

Mon avis
Sans vraiment le vouloir, je débute l'année "dans l'air du temps". Il s'agit ici d'un cadeau que j'ai reçu à Noël, et j'avais envie de commencer 2016 avec une lecture plutôt courte - à défaut d'être facile. 

Une fois n'est pas coutume, je découvre ici un auteur qui a choisi de prendre un nom de plume féminin. Il n'a pas froid aux yeux, puisqu'il aborde ici le thème du conflit israélo-palestinien à travers l'histoire d'Amine : d'origine arabe et issu d'une famille plus que modeste, il est devenu chirurgien et a été naturalisé Israélien. Il semble mener une vie sans encombre, filant le parfait amour avec sa femme et profitant de ses nombreux privilèges.

Pourtant, après un attentat, il découvre l'impensable : sa femme lui a "échappé" depuis bien longtemps et a choisi de devenir kamikaze au nom de la Palestine. Complètement effondré, il se renferme sur lui-même et décide d'enquêter pour découvrir pourquoi et comment sa femme a pu partir dans une telle direction. Pour cela, il va devoir remonter aux sources et aller de révélation en révélation.

Plusieurs points soulevés par l'auteur sont très intéressants, notamment la situation "entre deux feux" d'Amine et de sa femme : d'origine arabe, ils sont passés de l'autre côté et sont souvent vus comme des traîtres par les deux camps ; cependant, grâce à leur position privilégiée dans la société, ils réussissaient à fermer les yeux sur ces difficultés - évidemment, cela n'a duré qu'un temps. Il est également assez effrayant de découvrir qu'on peut totalement ignorer un pan de vie aussi énorme de la personne avec laquelle on est marié ! D'ailleurs, de manière compréhensible, Amine reste assez longtemps dans le déni...

Le sujet fait mouche, et pour preuve, ce roman a déjà été adapté au cinéma (même titre, en 2013 par Ziad Doueiri) et en bande dessinée (même titre, en 2012 aux éditions Glénat). Vous avez donc l'embarras du choix si vous souhaitez découvrir cette oeuvre !


mercredi 6 janvier 2016

Bilan de l'année 2015

Avant de vous parler de l'année 2015, qui fut riche en émotions et en rebondissements, un petit retour en arrière s'impose. 

Début 2014, j'avais lancé comme chaque année mon défi Goodreads en me fixant un objectif de 60 livres. L'ayant dépassé, j'ai choisi en 2015 de placer la barre un peu plus haut : 70 ! J'avais toujours réussi ce challenge, en allant crescendo, mais c'était sans compter le destin...

Car, au mois de juin 2015, une nouvelle personne a pointé le bout de son nez : eh oui, je suis tombée enceinte. Sans rentrer dans les détails, les premiers mois ont été plutôt éprouvants et ont mis un frein considérable à mon activité de lecture. Le retard s'est accumulé et je n'ai pas réussi à tenir mon objectif puisque j'ai lu "seulement" 43 ouvrages.

Cela m'a permis de faire le point, et au vu de l'année 2016 qui s'annonce, j'ai décidé d'être un peu plus réaliste et d'essayer d'en lire 30. Je n'ai plus envie de me mettre la pression et de vouloir "faire du chiffre" à tout prix. Je préfère essayer de privilégier la qualité.

Voilà, après toutes ces explications, je vous fais quand même un petit bilan en vous présentant mes plus gros coups de cœur 2015 !




Je vous souhaite à touTEs une très belle année 2016, pleine de bonnes lectures, ainsi qu'une vie personnelle remplie de joies et de surprises :)