mercredi 9 novembre 2016

Chronique : Derniers instants (Steve Mosby)


Résumé

Brisé par le suicide de sa femme, Alex Connor a tout quitté : son métier, ses amis, son pays. Lorsqu’il apprend que Sarah, sa meilleure amie, a été assassinée, il revient pour la première fois dans la ville où il a longtemps vécu. La police ne tarde pas à mettre la main sur le coupable. Mais en dépit des indications données par celui-ci, le corps de Sarah reste introuvable.
Pendant ce temps-là, à l’autre bout du pays, Paul Kearney est sur les traces d’un tueur en série. Une femme vient d’être enlevée, il sait qu’il n’a qu’une semaine pour la retrouver.
Alex et Paul sont l’un comme l’autre encore loin de s’imaginer vers quelle monstrueuse réalité ils s’acheminent...
Mon avis

En 2014, j'avais eu un énorme coup de cœur pour Steve Mosby (évidemment, j'ai toujours envie d'écrire TED Mosby, c'est un peu énervant) et son thriller Un sur deux. Cette année, j'ai décidé de lire Derniers instants, et évidemment j'en attendais beaucoup - c'est un peu le souci.

On retrouve sans surprise l'attrait de l'auteur pour le gore, voire le très gore. Ici, rien ne nous sera épargné, que ce soit dans les descriptions des scènes de crime ou de torture. Cerise sur le gâteau, et parce qu'on sait bien que c'est finalement l'inconnu qui fait le plus peur, Steve Mosby réussit à glacer le sang grâce à un personnage énigmatique, que l'on devine grâce à quelques indices mais qui n'est jamais vraiment décrit. Effrayant !

Cependant, la mayonnaise a eu du mal à prendre pour moi. J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l'histoire car l'auteur enchaîne les chapitres, les points de vue et les situations. On sent bien qu'il essaie de tisser une grande toile pour son histoire, mais même en étant presque à la fin de ma lecture, il m'arrivait encore de confondre des personnages ! 

De plus, il faut bien avouer que l'histoire est très masculine : les personnages principaux sont tous des hommes, les femmes étant reléguées à des rôles de victimes. J'aimerais vous en dire plus sur ce point mais je ne souhaite pas vous spoiler davantage.

Bref, même si l'auteur tente un ultime twist dans les dernières pages (si je voulais être mauvaise langue jusqu'au bout, je dirais même que j'ai vu ce twist venir à des kilomètres...), je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir de la déception en refermant ce livre. Dommage.

jeudi 20 octobre 2016

Chronique : Les lois naturelles de l'enfant (Céline Alvarez)


Résumé

L'enfant naît câblé pour apprendre et pour aimer. Chaque jour, les neurosciences nous révèlent son incroyable potentiel, sa capacité à se nourrir du monde pour former son intelligence. Pourtant, par manque d'information, nous imposons à l'enfant un système éducatif inadapté aux leviers naturels de son jeune cerveau, qui l'empêche d'apprendre qui freine l'apprentissage et n'encourage pas sa bienveillance innée. Plus de 40% d'entre eux sortent du primaire avec des lacunes qui les empêcheront de poursuivre une scolarité normale. e livre fondateur révèle une autre façon de voir l'enfant et de concevoir son éducation à la maison et à l'école. Céline Alvarez explique de manière limpide les grands principes scientifiques qui sous-tendent l'apprentissage et l'épanouissement. Elle partage son expérience, les activités qui peuvent aider les enfants à développer leur potentiel, ainsi que la posture appropriée de l'adulte. 

Mon avis

Avant-propos : j'ai conscience que cet essai (et son autrice) soulève de grands débats dans la communauté des enseignants et / ou des parents. Personnellement, je n'entre que dans l'une de ces catégories et je ne souhaite absolument pas juger du travail des enseignants (comme on dit, j'en ai même plein dans mes amis :D). Bref, je donnerai mon avis en tant que parent.

Avant même d'être enceinte et de devenir mère, je m'intéressais de très près aux pédagogies dites "alternatives" (Montessori, Freinet & co). En gros, des pédagogies qu'on ne retrouve pas forcément (ou peu) dans les écoles publiques. Celles-ci m'ont toujours semblé plus respectueuses du rythme de l'enfant et de sa manière d'apprendre. Cet intérêt s'est donc fortement accentué durant ma grossesse et ça continue aujourd'hui !

Céline Alvarez présente une bibliographie très fournie et de nombreuses études afin d'appuyer son propos. Même si nous n'avons pas touTEs le courage et / ou le temps de les lire en profondeur, ce qu'elle en extrait est assez édifiant pour nous convaincre. M'intéressant déjà au sujet depuis quelque temps, je connaissais quelques références et auteurs (notamment Catherine Gueguen, incontournable !), mais un rappel ne fait jamais de mal et j'ai tout de même appris beaucoup de choses sur le cerveau des bambins.

J'ai beaucoup aimé la description du matériel utilisé en classe, mais aussi et surtout celle de la posture de l'adulte (l'enseignante ainsi que son assistante). En effet, ainsi qu'elle le répète : le matériel, aussi beau et onéreux soit-il, est totalement inutile et inefficace sans la présence bienveillante de l'adulte. On peut donc s'inspirer de tout cela, que ce soit à la maison ou à l'école... Le but n'est pas de reproduire à 100% la démarche de l'autrice, mais de se l'approprier et de l'adapter à ses moyens.

Même si j'ai adoré cette lecture, il y a de petites choses qui m'ont gênée, notamment le ton de l'autrice (parfois très niais). Ceci dit, c'est vraiment un défaut mineur.

On ne peut que souhaiter (en tout cas, je le souhaite !) que ce type de démarches continue à se répandre. Sur son site Internet, Céline Alvarez propose aux enseignants de s'inscrire sur une carte afin de créer un réseau : qu'on soit simplement intéressé ou déjà dans la démarche, on est le bienvenu.

Je peux me tromper, mais en tout cas je n'ai pas l'impression que Céline Alvarez se positionne en "gourou" de l'éducation. Je pense que son intérêt premier est celui de permettre aux enfants, qu'ils soient scolarisés dans le public ou non, d'apprendre dans les meilleures conditions. 

J'espère donc que son message, et celui de milliers d'enseignants et de parents, sera entendu et que les choses bougeront petit à petit, car il est évident que les écoles privées (et onéreuses) ne sont pas à la portée de touTEs.

mercredi 19 octobre 2016

It's alive !

Eh oui, comme je l'avais prédit au mois de mars, ce blog a lâchement été laissé à l'abandon ! 

Enfin, lâchement n'est pas le mot adéquat, puisque j'ai tout simplement donné naissance à une petite souris au mois de mars. Entre deux tétées et couches, difficile de lire et encore plus de venir en parler ici.

Enfin, tout cela est du passé je l'espère, car j'ai repris le travail et avec lui les trajets quotidiens en RER : à moi la lecture !

Je peux même vous dire qu'une chronique est en préparation... et elle parlera justement d'éducation !

A bientôt :)


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samedi 5 mars 2016

Chronique : L'événement (Annie Ernaux)


Résumé

«Depuis des années, je tourne autour de cet événement de ma vie. Lire dans un roman le récit d'un avortement me plonge dans un saisissement sans images ni pensées, comme si les mots se changeaient instantanément en sensation violente. De la même façon entendre par hasard La javanaiseJ'ai la mémoire qui flanche, n'importe quelle chanson qui m'a accompagnée durant cette période, me bouleverse.»
Mon avis


Annie Ernaux fait partie de ces auteures qu'on m'a conseillées mille fois, et dont le nom revient très souvent à mes oreilles - notamment dans les milieux féministes. Ayant enfin décidé de me lancer, j'ai jeté mon dévolu sur L'événement, et ce n'était pas un hasard puisque j'en ai toujours entendu beaucoup de bien et que le thème me parlait : l'avortement.

Plus précisément, l'avortement avant qu'il ne devienne légal. L'auteure, plus de trente ans après les faits, couche enfin sur papier ce qui lui est arrivé et qui la hante depuis. On a donc affaire à un récit autobiographique, court et percutant, que personnellement j'ai lu en une journée sans pouvoir lever les yeux !

Étudiante, elle se retrouve complètement démunie face à cette grossesse non désirée : le géniteur habite loin et semble peu se préoccuper de l'affaire, impossible d'en parler à ses parents, et elle risque la prison pour pouvoir avorter. 

C'est alors un parcours de la combattante qui se présente, terriblement long, fait de bouche à oreille et d'adresses illégales qu'on se refile sous le manteau. On vit cette lenteur avec elle, page après page, on suffoque presque - même en sachant par avance qu'elle parvient à ses fins !

Ce témoignage est précieux, comme tous ceux des personnes de cette époque. Il permet de réaliser à quel point l'avortement est un droit fragile, pour lequel il a fallu (et il faut encore) se battre. Pour échapper aux sondes, à l'eau de Javel et aux aiguilles à tricoter. Pour avoir le choix de sa (non-)fécondité et ne plus en mourir.

Un récit à mettre entre tous les mains, pour continuer la bataille.

vendredi 4 mars 2016

Bilan : Février 2016.

Encore une fois, un petit mois avec seulement deux lectures. Moi qui pensais que mon congé maternité m'aiderait à lire plus, c'est raté ! 

Il faut dire aussi que ces deux romans ont un point commun : une première moitié plutôt longue et peu encourageante, puis une seconde moitié lue à toute vitesse et de laquelle on a du mal à décrocher !

Mon souhait pour le mois de Mars serait donc d'avoir un peu plus de livres composés de ces "secondes moitiés", pour être scotchée du début à la fin et non pas seulement une partie de ma lecture... Je pense qu'on rêve touTEs de la même chose, non ? ;)

Sachez aussi que mon accouchement est prévu pour ce mois-ci, ce qui risque fortement de bouleverser mon planning de lectrice...

En attendant, vous pouvez retrouver mes chroniques de Février ici :



Bon mois de Mars à vous !

jeudi 3 mars 2016

Partenariat : Eileen (Ottessa Moshfegh)


Résumé

Une vieille femme se souvient avec un cynisme minutieux de la semaine qui a fait basculer sa vie cinquante ans plus tôt. En 1964, alors âgée de vingt-quatre ans, elle vit avec son père alcoolique dans une maison délabrée, près de Boston, et travaille comme agent d'accueil dans une prison pour délinquants mineurs. Elle subit cette existence sinistre avec un mélange d'impuissance, de colère et de haine - contre elle-même surtout. L'arrivée d'une fascinante jeune femme fraîche émoulue de Harvard et chargée de mission après des détenues joue un rôle de détonateur. Dès lors, tous les mécanismes s'emballent...

Mon avis

Eh oui, le mois de février aura été celui des partenariats ! Mais comment ne pas craquer devant cette si jolie couverture, et la vie bouleversée d'Eileen ? Je remercie donc les éditions Fayard pour l'envoi de cet ebook (eh oui, je suis toujours fidèle à ma petite Kobo).

Afin de nous laisser vivre au plus près ces changements, l'auteure a choisi de faire correspondre chaque chapitre à un jour de la semaine. Cette fameuse semaine durant laquelle Eileen va voir sa vie exploser en morceaux - pour le meilleur et pour le pire.

En effet, avant l'arrivée de Rebecca (la fascinante jeune femme), la vie d'Eileen se résume à s'occuper de son père - qui le lui rend bien mal -, à travailler au centre de détention pour mineurs, et à rêver du jour où elle aura enfin le courage de partir pour New York démarrer une nouvelle existence. À 24 ans, elle déteste son corps, sa personnalité, et mène une vie plutôt étrange voire malsaine par moments. Cette partie-là du roman fut la plus longue et la plus répétitive, car elle met en exergue la monotonie des jours. On n'a alors qu'une envie : que Rebecca arrive enfin pour y mettre un peu d'animation !

Par sa prestance et sa personnalité, cette dernière va littéralement éblouir Eileen et l'attirer inexplicablement vers elle. Tant et si bien qu'on en vient à se demander si Eileen ne tombe pas amoureuse ! À moins qu'elle ne soit tout simplement heureuse qu'on s'intéresse enfin à elle, de trouver une amie en ce bas monde. C'est au lecteur de juger...

Rebecca invite Eileen à passer le réveillon de Noël chez elle, et c'est là que tout va définitivement basculer. Impossible pour moi de vous révéler le retournement de situation du roman, bien évidemment ! En tout cas, sachez que celui-ci m'a tout à fait surprise, et m'a permis de voir Rebecca sous un jour totalement différent...

En définitive, ce roman pose la question suivante : jusqu'où est-on prêt à aller pour une personne qui nous montre de l'attention ? Pour être aiméE ? 

mercredi 17 février 2016

Partenariat : Te laisser partir (Clare Mackintosh)


Résumé

Une mère accablée par la mort de son enfant. Un capitaine de police déterminé à lui faire justice, jonglant entre tensions familiales et obligations professionnelles. Une femme fuyant son passé, résolue à construire une nouvelle vie...

Mon avis

Suite à une opération spéciale "Masse Critique" chez Babelio, j'ai eu la joie de recevoir Te laisser partir avant sa sortie en librairie. C'était la première fois que j'avais entre les mains des épreuves non corrigées et ce fut une expérience très excitante (bien que cela fasse parfois frémir de tomber sur des coquilles, on est tellement habitué à ne pas les voir !).

Avant de vous en parler plus en détails, j'aimerais prévenir mes lecteurs : ce roman aborde de nombreux sujets sensibles, et il m'a parfois été difficile de continuer ma lecture tant l'auteure n'y va pas avec le dos de la cuillère. Voici donc, pêle-mêle, les sujets à risque : deuil d'un enfant, viol, violences conjugales, relation abusive.

Dans la première partie de son roman, Clare Mackintosh nous présente différents personnages en alternant les chapitres et les points de vue. Après le récit de l'accident ayant causé la mort d'un enfant (Jacob), nous suivons à la fois l'équipe de police chargée de l'enquête (Ray et Kate, principalement) et Jenna, qui fuit pour reconstruire sa vie après ce drame. Jenna part au Pays de Galles, pour vivre au bord de la mer, et rencontre un nouvel homme là-bas... inutile de vous préciser que ce début d'histoire m'a largement rappelé Les gens heureux lisent et boivent du café ! Ce qui n'était pas forcément bon signe... Pour preuve, j'ai mis plus de 15 jours à atteindre la moitié du roman.

Heureusement, à ce moment-là, une énorme surprise nous tombe sur le coin de la figure - en tout cas, ce fut le cas pour moi ! Je n'avais rien vu venir, et j'ai dévoré la suite en une après-midi, sans pouvoir m'arrêter. Evidemment, je ne vous divulguerai pas plus les ressorts de l'intrigue, mais quel plaisir de tourner les pages à toute vitesse, en voulant absolument connaître la suite...

J'ai particulièrement aimé le réalisme de ce roman, tant du côté de l'enquête policière (qui piétine très sévèrement, ce qui nous change des résolutions en trois pages) que des relations entre les personnages : Ray et sa femme, Jenna et Patrick... L'auteure arrive également à créer une ambiance très malsaine lorsque les chapitres sont consacrés au conjoint abusif, puisqu'elle a fait le choix de les écrire à la première personne et de nous dévoiler toutes les pensées du personnage. Véritablement glaçant, alors faites attention à vous !

Néanmoins, j'ai été quelque peu déçue par la fin, car vous le savez bien : j'aime que les choses soient claires ! Ici, j'ai l'impression que l'auteure a voulu jouer avec nos nerfs jusqu'à la dernière lettre, et c'est terriblement frustrant !

Je suis ravie de la découverte de cette auteure, qui après une carrière dans la police signe ici son premier roman. Je la suivrai de près dans ses prochaines aventures !